Dans le cadre de l’atelier Reporters de vie du programme Vous faites partie de lhistoire, Terry Saropoulos a raconté son histoire devant les élèves de lÉcole Socrates.
Mon nom au complet est Eleftherios Saropoulos. Mais, on m’appelle Terry, parce que c’est plus facile à prononcer.
Mes parents sont grecs et viennent de deux régions différentes. Ma mère est originaire de la région d’Ipiros, qui est au nord-ouest de la Grèce, et mon père vient de la Thrace, qui est au nord-est, près de la frontière avec la Turquie.
Ils sont arrivés à Montréal en 1970, en plein mois de janvier, quelques jours après une tempête. Ma mère s’en souvient encore. Elle voulait repartir tout de suite parce qu’il faisait très froid. Mais, ils sont restés quand même. Ils se sont mariés à la paroisse Saint-Georges et ont fondé une famille de trois enfants, dont je suis l’aîné. Je suis né à Montréal, le 9 mars 1972.
Mes parents viennent du nord de la Grèce et quand j’étais jeune, j’étais en minorité parce que la plupart des immigrants qui sont venus à Montréal viennent des régions de la Grèce plus au sud (du Péloponnèse, d’Athènes, de Sparte, de Kalamata, etc.).
Une famille nomade
Lorsque j’étais enfant, nous avons habité dans plusieurs quartiers de la ville. Nous sommes passés du centre-ville sur l’avenue du Parc, aux quartiers Mile End et Parc Extension, en passant même quelques temps à demeurer dans l’est de la ville.
Je me souviens qu’à cette époque, je jouais beaucoup dans les ruelles. C’est là qu’on se faisait des amis. Quand nous restions dans Parc Extension, tout le monde était grec autour de nous. Mais comme j’ai habité plusieurs quartiers, j’ai eu des amis non seulement grecs, mais aussi italiens, portugais, arabes et arméniens. Je crois que c’est une chance de pouvoir avoir des amis de cultures différentes.
Lorsque j’ai terminé ma 6e année, mes parents ont décidé de retourner en...
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Dans le cadre de l’atelier Reporters de vie du programme Vous faites partie de lhistoire, Terry Saropoulos a raconté son histoire devant les élèves de lÉcole Socrates.
Mon nom au complet est Eleftherios Saropoulos. Mais, on m’appelle Terry, parce que c’est plus facile à prononcer.
Mes parents sont grecs et viennent de deux régions différentes. Ma mère est originaire de la région d’Ipiros, qui est au nord-ouest de la Grèce, et mon père vient de la Thrace, qui est au nord-est, près de la frontière avec la Turquie.
Ils sont arrivés à Montréal en 1970, en plein mois de janvier, quelques jours après une tempête. Ma mère s’en souvient encore. Elle voulait repartir tout de suite parce qu’il faisait très froid. Mais, ils sont restés quand même. Ils se sont mariés à la paroisse Saint-Georges et ont fondé une famille de trois enfants, dont je suis l’aîné. Je suis né à Montréal, le 9 mars 1972.
Mes parents viennent du nord de la Grèce et quand j’étais jeune, j’étais en minorité parce que la plupart des immigrants qui sont venus à Montréal viennent des régions de la Grèce plus au sud (du Péloponnèse, d’Athènes, de Sparte, de Kalamata, etc.).
Une famille nomade
Lorsque j’étais enfant, nous avons habité dans plusieurs quartiers de la ville. Nous sommes passés du centre-ville sur l’avenue du Parc, aux quartiers Mile End et Parc Extension, en passant même quelques temps à demeurer dans l’est de la ville.
Je me souviens qu’à cette époque, je jouais beaucoup dans les ruelles. C’est là qu’on se faisait des amis. Quand nous restions dans Parc Extension, tout le monde était grec autour de nous. Mais comme j’ai habité plusieurs quartiers, j’ai eu des amis non seulement grecs, mais aussi italiens, portugais, arabes et arméniens. Je crois que c’est une chance de pouvoir avoir des amis de cultures différentes.
Lorsque j’ai terminé ma 6e année, mes parents ont décidé de retourner en Grèce, à Thessaloniki, parce que toute notre famille était là-bas. J’avais des cousins, des tantes et des oncles que je voyais pour la première fois. Nous y sommes resté deux ans.
À Montréal, j’allais à une école grecque les samedis. Mais une fois en Grèce, j’ai dû étudier le grec tous les jours. J’ai trouvé ça difficile. En plus, l’école n’était pas très moderne. Elle n’avait qu’un seul étage et l’hiver il fallait porter nos manteaux à l’intérieur parce que le système de chauffage ne fonctionnait pas. Nous avions des grands pupitres en bois où l’on s’assoyait deux par deux.
J’ai quand même beaucoup appris dans cette école. Et puis, je me rappelle de certains mauvais coups que nous faisions aux professeurs. Comme le jour où nous avons fait croire à notre professeur de mathématique qu’il avait un appel urgent auquel il devait répondre. Notre professeur devait quitter la classe pour aller au seul téléphone disponible, qui était au centre du village. Lorsqu’il est revenu, une demi-heure du cours s’était déjà écoulée. Le professeur a ri de notre farce, mais nous avons eu beaucoup d’exercices à faire cette soirée là
Après ces deux ans en Grèce, ma famille a déménagé aux Etats-Unis, près de Atlantic City dans l’état du New Jersey. Nous avons habité là pendant un an, et j’y ai fait ma 9e année, l’équivalent du secondaire 3.
Finalement, nous sommes revenus à Montréal et j’ai terminé mon secondaire. Ces deux années ont été difficiles parce que j’ai été dans une école francophone. J’avais fait toute mon école primaire en anglais et mes années de secondaire avaient été jusque là en grec et en anglais.
Un côté scientifique, un côté artistique
J’ai continué à étudier et aujourd’hui je suis professeur de biologie au Cégep Vanier et je termine mon doctorat en biologie à l’Université du Québec à Montréal. En fait, j’aime les phénomènes scientifiques depuis que je suis petit. J’ai même demandé au Père Noël un microscope pour pouvoir mieux observer les insectes et les feuilles des arbres. Il me l’a apporté et j’adorais regarder dedans et me demander pourquoi la nature marche comme ça.
Mais, j’ai aussi un côté artistique.
Lorsque j’ai habité en Grèce, j’ai eu la chance de joindre une troupe de danse folklorique grecque. J’ai tout de suite aimé la danse et les arts traditionnels. Avec les années, j’ai appris plusieurs chorégraphies et j’ai commencé à faire mes propres recherches à travers des livres, des vidéos et des cassettes de musique.
En 1991, avec des amis, j’ai formé l’Institut culturel hellénique Koryfei pour enseigner la danse des différentes régions de la Grèce. Pour moi, c’est un privilège que de pouvoir enseigner à d’autres personnes et de leur faire connaître la culture grecque. Un de mes rêves est de devenir professeur de danse grecque à temps plein. Mais, c’est un travail qui ne se fait pas facilement ici Je connais quelques personnes qui le font aux États-Unis. En attendant, j’enseigne la danse dans plusieurs associations grecques de Montréal et je fais parti d’une troupe de théâtre de la communauté.
Aujourd’hui, j’ai 35 ans, je suis marié et j’habite toujours dans le quartier Parc Extension. Ma femme et moi avons déjà un enfant et nous en attendons un deuxième. J’ai bien l’intention d’envoyer mes enfants à l’école Socrates pour qu’ils aient un contact un peu plus régulier avec la langue grecque. Et, dans quelques années, j’imagine que nous allons faire comme plusieurs grecs de la communauté et acheter une maison à Laval ou à Rosemère
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